Bilan cyber 2025 : ce que les chiffres disent aux PME
64'733 incidents signalés à l'OFCS, rançongiciels en hausse de 59 % : les chiffres cyber 2025 sourcés et ce qu'ils signifient pour les PME romandes.

2025 en chiffres : moins d'attaques spectaculaires, plus d'attaques ciblées, et des PME qui baissent la garde.
Ce bilan rassemble les chiffres publics les plus fiables de l'année, suisses et internationaux, et ce qu'ils signifient concrètement pour une PME ou un indépendant de Suisse romande. Chaque chiffre est sourcé en bas de page.
Le paradoxe de 2025 tient en deux chiffres. D'un côté, les attaques par rançongiciel signalées à la Confédération ont bondi de 59 % au second semestre. De l'autre, la part des PME suisses qui se sentent bien protégées est passée de 55 % à 42 % en un an, et celles qui jugent le sujet important de 47 % à 33 %.
Les PME savent qu'elles sont moins prêtes, et s'en préoccupent pourtant moins. C'est exactement l'espace dans lequel travaillent les attaquants.
La Suisse en 2025
Les tentatives de fraude restent la catégorie la plus signalée, avec des méthodes de plus en plus personnalisées [1]. Un seul cas de fraude au changement de coordonnées bancaires a coûté CHF 1,5 million à une entreprise [2]. Le groupe Akira, à lui seul, a revendiqué 26 attaques contre des entreprises suisses au second semestre [2].
Nouveauté de l'année : depuis le 1er avril 2025, les exploitants d'infrastructures critiques doivent signaler une cyberattaque dans les 24 heures. L'OFCS a reçu 222 annonces obligatoires jusqu'à fin 2025, principalement pour du piratage (19,5 %), des attaques DDoS (17,6 %) et des vols d'identifiants (11,8 %). Depuis le 1er octobre 2025, l'absence d'annonce peut être sanctionnée d'une amende allant jusqu'à CHF 100'000 [1].
Les PME suisses face au risque
Environ 4 % des PME interrogées ont subi une cyberattaque avec dommage au cours des trois dernières années. Et 4 % ont déjà versé de l'argent après un e-mail frauduleux : un pourcentage qui paraît faible, jusqu'à ce qu'on l'extrapole à environ 24'000 entreprises en Suisse [3].
Dans le monde
Les attaquants passent de plus en plus par les fournisseurs et par les failles non corrigées : l'exploitation de vulnérabilités est le point d'entrée de 20 % des violations, en hausse de 34 % [5]. Les entreprises les moins matures, souvent des PME, sont les plus touchées : chez elles, le rançongiciel est présent dans 88 % des violations [5]. Signe encourageant : 64 % des victimes refusent désormais de payer la rançon [5]. Et l'IA fait son entrée dans les statistiques : 13 % des organisations ont signalé une violation impliquant un modèle ou une application d'IA [4].
Ce que ça signifie pour une PME romande
Il n'existe pas de statistique publique propre à la Suisse romande : les chiffres ci-dessus sont nationaux ou internationaux. Les tendances, elles, s'appliquent pleinement à nos entreprises.
- La fraude passe par l'e-mail et par vos fournisseurs. Toute demande de changement de coordonnées bancaires se vérifie par téléphone, à un numéro déjà connu.
- Les mises à jour ne sont plus optionnelles. Pare-feu, VPN, NAS et serveurs exposés doivent être corrigés en jours, pas en mois.
- La double authentification est le meilleur rapport efficacité/coût. Près d'une PME sur deux ne l'utilise pas encore.
- Un plan d'urgence d'une page vaut mieux que pas de plan du tout : environ 70 % des PME n'en ont aucun.
- Encadrez l'IA avant qu'un collaborateur n'y colle un contrat client.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS), Rapport annuel 2025, février 2026.
- OFCS, rapport semestriel 2025/II, résumé sur le portail PME de la Confédération, 6 mai 2026.
- YouGov Schweiz pour la Mobilière, digitalswitzerland, l'Allianz digitale Sicherheit Schweiz, la FHNW, la SATW et la SISA, « KMU Cybersicherheit 2025 » (515 PME de 1 à 49 collaborateurs, juin-août 2025).
- IBM, Cost of a Data Breach Report 2025, synthèse par CyberScoop, 30 juillet 2025.
- Verizon, 2025 Data Breach Investigations Report (12'195 violations confirmées analysées).
Voir aussi : bilan 2024 · bilan 2023 · guide sécurité PME · L'Observatoire, chaque samedi
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